C'est reparti avec la SCI VIncent ! (7 mai)

"LAigoualité pour tous" n°4 (je regrette de ne pas avoir eu l'idée d'un tel titre !) est en vente depuis quelques jours dans les maisons de la presse et, après autorisation, nous reproduisons ci-dessous l'intégralité d'un article de Fabienne et Philippe LABROSSE. Bien documenté, il nous a paru utile au débat qui concerne cette affaire.

Si des élus souhaitent apporter leur "grain de sel", qu'ils n'hésitent pas à intervenir dans les "commentaires" (sans pseudo svp en tant qu'élus). Certains l'ont déjà fait ....

What's ? Quel cadeau !

 

Les rumeurs vont toujours bon train en pays viganais ; on parlera de vigâneries. Depuis quelques temps, il y en a qui courent, qui galopent même, puisqu'elles visent  un drôle de zèbre, en l'occurrence celui qui  figure sur le logo de la What's Vincent Cadeaux.  Ces rumeurs concernent le rachat des locaux de cette entreprise par la communauté de communes Pays Viganais pour des sommes considérables.

C'est l'an dernier que la  société What's, locataire de la SCI Vincent (dont Pierre Vincent fut à l'origine), délocalisait son activité à La Cavalerie en Aveyron. En effet, la mise en conformité des locaux exigée par les assureurs nécessitait d'énormes investissements, ne fusse-ce que pour la sécurité incendie par l'installation de sprinklers. Les avantages qu'offrait l'Aveyron à la What's étaient plus convaincants que les promesses faites par les financeurs publics pour maintenir l'activité sur place. Ce sont donc 70 emplois qui quittaient notre territoire. La construction et l'aménagement  des nouveaux locaux à la Cavalerie ont coûté presque 8 millions d'euros.  Un tiers du personnel, essentiellement féminin, n'a pas pu suivre la What's. Pour les autres, une navette les amène chaque jour sur leur lieu de travail délocalisé.

 

Depuis 2007, il se dit, en pays viganais, qu'un entrepreneur se propose d'implanter une plateforme de restauration de véhicules historiques. Ce projet procurerait une cinquantaine d'emplois, voire, à terme, cent ! Un miracle pour un bassin d'emploi en pleine crise économique. Il se dit aussi que pour accueillir un tel projet, la collectivité doit disposer de foncier. Pour ce faire, elle veut acheter les locaux de la What's un montant  exorbitant pour certains, ou au contraire raisonnable pour ceux qui estiment la prise de risques indispensable pour la relance de l'économie. Qu'en est-il réellement ? 

Une petite enquête était nécessaire auprès de sources officielles. Nulle trace du bienfaiteur messianique annoncé. Ce projet serait l'initiative d'un chef d'une petite entreprise  textile de la région, passionné de rallye de voitures anciennes et impliqué dans l'organisation du « rallye des princesses ». Mais le financeur, le réel porteur de projet sera la collectivité, c'est-à-dire nous !

Dans la situation de crise où se trouve le pays, qui désapprouverait des élus essayant de trouver des solutions? Mais quel en sera prix ? Et quelles sont les entreprises qui projettent de s'installer au Vigan ?

Nous le saurons en temps voulu, nous répond-on, lorsque nous demandons des précisions sur les lettres d'intention, les garanties ; ce que nous souhaitons, et le plus tôt sera le mieux car, et c'est bien là que le  bât blesse, la communauté de communes a d'ores et déjà signé le compromis de vente avec le vendeur et ce depuis le 16 janvier dernier.

Les transactions furent basées sur une première expertise des Domaines réalisée en mai 2007, évaluant le bien à 1 990 000€. La mise à prix était de  2 600 000€. Au final, la négociation a abouti  à 2 200 000€ (frais compris). Depuis, une expertise a été demandée par la communauté de communes pour chiffrer la mise en conformité, étude qui demande a être affinée, et qui annonce 2 940 00€ pour la mise aux normes des structures et pour la sécurité incendie, auxquels il faudra ajouter les aménagements qui seront nécessaires quant aux activités menées.

Le 14 février, les services des Domaines, forts de cette étude, adressaient au Président de la communauté une lettre d'annulation de l'estimation initiale, en sollicitant la collectivité de les saisir pour une nouvelle estimation.

Le 22 février suivant, juste avant les municipales, la dernière réunion du conseil communautaire rassemblait un quorum tout juste atteint pour prendre, entre autres engagements d'importance, celui de contracter un emprunt de 2 200 000€ sur 30 ans à 4,77% avec le Crédit Agricole du Languedoc pour l'achat en question, soit une fois remboursé 4 100 000€.

A aucun moment, lors de cette réunion, les délégués ne sont informés de la lettre des Domaines. La décision est adoptée, une seule abstention, celle du délégué d'Aulas : «  En votre âme et conscience, est-ce qu'avec votre propre argent vous achèteriez ce bâtiment et peut être après aller chercher des gens ? »  demandait-il aux autres élus. L'urgence fut invoquée : d'une part de contracter avant une hausse des taux d'intérêts et d'autre part de faire les demandes de subventions avant que les financeurs publics ne votent leurs budgets.

Mais, était-il possible de prendre cette décision alors que le budget primitif de la communauté n'était pas voté ? Par conséquence, serait-ce cet élément juridique qui empêcherait  aujourd'hui de réaliser l'emprunt alors que la banque a donné son accord ?

Depuis lors, la passation de pouvoir s'est effectuée entre l'ancienne présidence et une nouvelle, celle de Roland Canayer. Quelles seront les décisions du nouveau conseil communautaire en l'occurrence et quel est son programme ?

« What's ? » Que de questions !


 

 


07/05/2008
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